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Affichage des articles associés au libellé religion

"Aux sources de la pensée païenne, on trouve au contraire l’idée que l’univers est animé et que l’âme du monde est divine." Alain de Benoist

Spengler a montré que le monothéisme est le produit d’une psyché particulière qui, à partir de -300, a abouti à la conception spécifiquement «magique» (au sens spenglérien du terme) d’un univers «doublé» par un autre monde – celui de la Divinité –, qui est aussi gouverné par l’antagonisme du Bien et du Mal absolus (auquel correspond, sur le plan symbolique, l’antagonisme de la Lumière et des Ténèbres). Dans cette conception, le monde est un dôme ou une caverne – un théâtre où se produisent des événements dont le sens et l’enjeu fondamental sont ailleurs. 
La conscience «magique» n’est pas une conscience agissante ; elle est une scène où s’affrontent les forces obscures du Mal et les forces lumineuses du Bien. S’y rattache une conception nécessairement linéaire de l’histoire, dont le point de départ est la «création», et le point d’arrivée, la «fin des temps» messianique. Toute la théologie judéo-chrétienne repose sur la distinction de l’être créé (le monde) et de l’être incréé (Dieu)…

Charles Maurras : l’Intelligence, l’Or et le Sang, Matthieu Giroux

Charles Maurras Pour Maurras, le monde est régi par un certain nombre de forces. Ces forces sont de natures différentes : matérielle et spirituelle. « Il faut être stupide comme un conservateur ou naïf comme un démocrate pour ne pas sentir quelles forces tendent à dominer la Terre. Les yeux créés pour voir ont déjà reconnu les deux antiques forces matérielles : l’Or, le Sang. » Le destin de l’unique force spirituelle, l’Intelligence, est de s’allier à l’une de ces forces matérielles. Elle doit décider, trancher « entre l’Usurier et le Prince, entre la Finance et l’Épée. » Aux yeux de Maurras, le déclin de l’Intelligence est dû à un renversement d’alliance. Autrefois, l’Intelligence était souveraine car liée au Sang, c’est-à-dire aux rois. Aujourd’hui, l’Intelligence est soumise au règne de l’argent. La cause de ce retournement est la Révolution française. « De l’autorité des princes de notre race, nous avons passé sous la verge des marchands d’or, qui sont d’une autre chair que nous, c…

Voyage initiatique au sein de mondes oubliés où les dieux côtoient les hommes dans une quête insatiable des vérités primordiales

Article : Aristide Leucate revient sur le dernier ouvrage d'Alain de Benoist, l'écriture runique et les origines de l'écriture. Un livre facile d'accès qui fait le point sur les forces et les faiblesses des multiples théories qui ont tenté de déchiffrer cet énigmatique et hermétique système scripturaire. 
Il a souvent été observé, sous notre plume comme sous celle d’autres commentateurs ou exégètes, le style à nul autre pareil d’Alain de Benoist, qui est aux lettres ce que Floch ou Hergé étaient au 9e art.
L’épure de la phrase (sans que cela ne confine le moins du monde à la sécheresse du verbe) conjuguée à la limpidité rhétorique en font un représentant incomparable de la ligne claire dans la république des lettres.
Ceci est d’autant plus remarquable avec le dernier opus du directeur de la revue Nouvelle École et éditorialiste à Éléments consacré à l’écriture runique et aux origines de l’écriture.
Le sujet, apanage des spécialistes de linguistique, de philologie ou d’…

Alain de Benoist "je suis plus bibliomane que bibliophile"

Alain de Benoist est un auteur controversé. Souvent mis de côté de la scène médiatique parisienne, le fondateur de la revue Éléments a le mérite d’avoir une vision tranchée quant à notre société moderne. Auteur de plus de 90 ouvrages, propriétaire de l’une des plus grandes bibliothèques d’Europe, le penseur de la « Nouvelle droite » évoque ici de nombreuses questions qui ont rythmé son itinéraire intellectuel.



Le Rideau : Alain de Benoist, on vous présente souvent comme celui qui a la plus grande bibliothèque privée d’Europe… Alain de Benoist : Je ne sais pas si c’est vrai. Je ne pense pas, il y en a certainement d’autres. En plus, il y a différents types de bibliothèques : des bibliothèques de bibliophiles, c’est-à-dire des gens qui achètent des livres rares, très chers, des beaux livres, des éditions illustrées, etc. Ce n’est pas mon orientation. J’aime bien les beaux livres mais j’achète d’abord les livres en fonction de leurs contenus ; je suis plus bibliomane que bibliophile. D’au…

Charles Maurras par Alain de Benoist

Bulletin Charles Maurras
«On est frappé, écrit Alain de Benoist, de l’extraordinaire quantité de phénomènes dont Maurras a été le témoin, mais sur lesquels il est resté muet (ou aveugle). Alors qu’il a passé un temps extraordinaire à commenter au jour le jour la politique politicienne, Maurras a été incapable d’analyser le mouvement de la modernité, d’étudier la montée de la bourgeoisie, d’énoncer la moindre considération théorique sur la philosophie du droit, le paradigme de l’échange, l’essor de la technique, les conditions du changement social. Il n’y a pas non plus dans son œuvre d’analyse du fordisme, du taylorisme, de l’américanisme. (…) Rarement un théoricien politique aura été aussi peu analyste des doctrines et des tendances profondes de son temps. Parmi les grands auteurs, Maurras ne s’intéresse guère qu’au domaine littéraire. Dans le domaine politico-idéologique, son univers reste essentiellement celui du XIXe siècle. (…) Maurras réagit en écrivain, en artiste, en poète. (……

Nouvelle Ecole n°66 : Charles Maurras

Charles Maurras (1868-1952) fut pendant des décennies à la fois un écrivain, un poète, un théoricien, un chef d’école et l’animateur d’un mouvement politique dont l’influence s’est révélée remarquablement durable. C’est là un cas extrêmement rare. Les chefs politiques ont rarement été de véritables théoriciens, et les idéologues ont rarement eu la capacité (ou le désir) d’animer des mouvements politiques. S’y ajoute un magistère intellectuel qui, avec des fortunes diverses, et non sans avoir suscité bien des dissidences, s’exerce encore aujourd’hui sur bon nombre de ceux qui veulent « penser clair et marcher droit ». Maurras et l’Action française, enfin, sont indissociables, et c’est pourquoi le parcours individuel de l’auteur d’Anthinéa ne peut être séparé d’une aventure collective. Toutes ces caractéristiques justifient à elles seules l’intérêt qu’on doit lui porter. (…) À partir d’une vision assez idéalisée de l’Ancien Régime, Maurras, convaincu que la monarchie se dém…