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Affichage des articles associés au libellé Oswald Spengler

Considérations sur Spengler, par Alain de Benoist

Extrait : La triple opposition culture-âme-vie/civilisation-intellect-raison rebondit chez O. Spengler (Le Déclin de l’Occident, 1918-1922).  Celui-ci traite en effet de la culture aussi bien que des cultures. En outre, il pose, entre “culture” et “civilisation”, un rapport non plus seulement conceptuel, mais de filiation (c-à-d. génétique) et même de finalité. Entre les grandes cultures historiques (il en distingue 8), Spengler constate, non de superficielles analogies, mais bien des “homologies” au sens biologique du terme. Il affirme: «Les cultures sont des organismes; l’histoire universelle est leur biographie générale». Une culture se définit comme l’ensemble des manifestations humaines à une série de moments donnés dans l’histoire (à cet régard, Spengler n’est pas très éloigné de la définition moderne du couple culture/nature). Cette conception est à la fois diachronique et synchronique. Diachronique: toute culture passe par les mêmes étapes, à la façon d’un organisme qui naît, …

"Aux sources de la pensée païenne, on trouve au contraire l’idée que l’univers est animé et que l’âme du monde est divine." Alain de Benoist

Spengler a montré que le monothéisme est le produit d’une psyché particulière qui, à partir de -300, a abouti à la conception spécifiquement «magique» (au sens spenglérien du terme) d’un univers «doublé» par un autre monde – celui de la Divinité –, qui est aussi gouverné par l’antagonisme du Bien et du Mal absolus (auquel correspond, sur le plan symbolique, l’antagonisme de la Lumière et des Ténèbres). Dans cette conception, le monde est un dôme ou une caverne – un théâtre où se produisent des événements dont le sens et l’enjeu fondamental sont ailleurs. 
La conscience «magique» n’est pas une conscience agissante ; elle est une scène où s’affrontent les forces obscures du Mal et les forces lumineuses du Bien. S’y rattache une conception nécessairement linéaire de l’histoire, dont le point de départ est la «création», et le point d’arrivée, la «fin des temps» messianique. Toute la théologie judéo-chrétienne repose sur la distinction de l’être créé (le monde) et de l’être incréé (Dieu)…

Nouvelle Ecole - stand du colloque ILIADE

Colloque organisé par l'Institut Iliade 
Maison de la Chimie à Paris, le 18 mars 2017