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Le mythe et l'homme, Alain de Benoist

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Extrait : Étant multivoque par nature, le mythe est une combinatoire qui évolue d'elle-même et s'adapte toutes les transformations sociales et culturelles, manifestant par là sa vitalité. Ce ne sont donc pas les structures matérielles qui suscitent les symboles, mais bien plutôt les formes symboliques qui contribuent à modeler les formes matérielles. C'est pourquoi la conception de Marx ou de Freud, ou encore celle des fonctionnalistes, selon qui le mythe ''reflète'', ''traduit'' ou ''exprime'' autre chose que lui-même, renvoyant en dernière analyse à la structure biologique, matérielle ou sociale, est immanquablement vouée à passer à côté de l'essentiel. La saisie du mythe, disons-le encore une fois, ne peut pas se ramener à une interprétation purement subjective. Il n'y a pas de clé herméneutique unitaire permettant d'appréhender le mythe d'après la société : la structure sociale n'éclaire pas le mythe, c'est au contraire le mythe qui éclaire la structure sociale. ''Les fonctionnalistes, écrit Jean-Pierre Vernant, sont bien en quête du système qui confère au mythe son intelligibilité, mais au lieu de le chercher dans le texte, dans son organisation apparente ou cachée, c'est-à-dire dans l'objet, ils le situent ailleurs, dans les contextes socioculturels où apparaissent les récits, c'est-à-dire dans les modalités d'insertion du mythe au sein de la vie sociale. Le mythe perd ainsi chez eux sa spécificité et ses valeurs de signification''. Bref, comme le dit Pierre Smith, ''il n'y a pas de clé des mythes. Ceux-ci, pris dans leur ensemble, cherchent moins à peindre le réel qu'à spéculer sur ses virtualités latentes, moins à penser quelque chose qu'à faire le tour des frontières du pensable''.

Longtemps regardée seulement comme l'inventrice de la raison et de l'individualisme philosophique (le ''miracle grec'' vu au prisme de l'idéologie du progrès), c'est-à-dire comme la première culture à s'être ''soulevée'' contre le mythe, la Grèce redevient elle-même, dans bien des travaux qui lui sont consacrés actuellement, la formulatrice et la conservatrice par excellence des catégories mythiques. Le mythe, ainsi, n'en finit pas de renvoyer à la source grecque. ''Nous ne mesurons pas encore, disait, Heidegger, de quelle façon initiale les Grecs ont été ceux qui savent''. ''La pérennité des mythes, écrit dans le même esprit Georges Gusdorf, c'est pas due aux prestiges de la fabulation, à la magie de la littérature. Elle atteste la pérennité même de la réalité humaine''.

Source : L'empire intérieur, Fata Morgana, 1995, pp. 62-63
Sélection, illustration et PDF de l'extrait : In Limine

 Visuel : Le roi Arthur – Charles Ernest Butler

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Gramsci ou l'importance de l'influence culturelle dans nos sociétés

Vidéo : Extrait de l'émission "C Politique" avec Mathieu Bock-Côté "Quand Gramsci inspire la droite" et extrait d'Apostrophes avec Bernard Pivot et Alain de Benoist en 1979.



Pour approfondir la reflexion : Lire aussi CET ARTICLE ET CES APHORISMES :
Aphorismes: Castoriadis, Lasch, Illich, Gramsci, Tocqueville, Arendt Politique

Les traditions indo-européennes, Jean Haudry

Jean Haudry in 'Les indo-européens', réédité par les éditions de la Forêt.
Visuel : Institut Clisthène

Pour compléter la réflexion:
Les Indo-Européens




Nouvelle Ecole N°49 en vente sur revue-elements.com




- Indo-Européens : à la recherche du foyer d’origine (Alain de Benoist)
- Indo-Européens », « Indogermains », « Aryens » (encadré)
- Les « momies » européennes du Sinkiang (encadré)
- Chronologie bibliographique des études indo-européennes depuis 1930 (encadré)
- Quatre remarques finales ; Bibliographie Dumézil (Alain de Benoist)
- L’habitat originel des Indo-Européens au regard de la linguistique (Jean-Haudry)
- Les Indo-Européens et le Grand Nord (Jean Haudry)
- Chronologie de la tradition indo-européenne (Jean Haudry)
- Indo-européens et « mentalité indo-européenne » (Jean Haudry)


20.00 euros

La place de l'homme dans la nature, Alain de Benoist

Extrait : En 1755, dans son Traité des animaux, Condillac écrivait: «Il serait peu curieux de savoir ce que sont les bêtes, si ce n'était pas un moyen de savoir ce que nous sommes». Depuis l'Antiquité, le regard porté par l'homme sur le vivant nourrit une interrogation qui, au fil des siècles, depuis Aristote jusqu'à Descartes, puis jusqu'à nos jours, a suscité une multitude de débats philosophiques, scientifiques, idéologiques et religieux. 
A date récente, le développement de la recherche a conduit à se demander si les animaux ne sont pas des personnes. Il s'agit en fin de compte de savoir quelle est la place de l'homme dans la nature. Konrad Lorenz disait que ceux qui refusent d'admettre que l'homme est un animal ont tort, mais que ceux pour qui il n'est rien d'autre qu'un animal ont tort également. 
Entre les hommes et les animaux, y a-t-il une différence de nature ou une différence de degré? Par rapport aux sociétés animales, quell…