Accéder au contenu principal

L'Amérique vue par Alain de Benoist

Nouvelle Ecole, Amérique, Alain de Benoist, Europe, OccidentLa critique des États-Unis a pris son essor, au sein de la Nouvelle Droite, après la parution fin 1975 du numéro de Nouvelle École sur l’Amérique (dont la matière a été reprise dans un livre publié en langue italienne, puis en allemand et en afrikaans). Elle est une sorte de conséquence logique de la distinction que nous avions faite alors entre l’Europe et l’Occident. Elle est depuis restée plus ou moins constante. On aurait tort cependant de l’interpréter comme relevant d’une quelconque phobie. Je suis allergique à toutes les phobies, à l’américanophobie comme aux autres. L’un des numéros d’Éléments publié voici quelques années avait d’ailleurs pour thème «L’Amérique qu’on aime» ! Je ne suis pas non plus de ceux qui critiquent l’Amérique sans la connaître. J’y suis allé maintes fois, j’y ai séjourné à plusieurs reprises, je l’ai sillonnée en tous sens […] 

J’ai toujours eu la plus vive admiration pour le grand cinéma américain quand il ne se ramenait pas encore à une accumulation de niaiseries stéréotypées et d’effets spéciaux et surtout pour la grande littérature américaine: Mark Twain, Herman Melville, Edgar Poe, William Faulkner, John Dos Passos, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Henry Miller, etc. […] Par la suite, je n'ai jamais dissimulé non plus ce que je dois, non seulement à mes amis de la revue Telos, mais à Christopher Lasch et aux communautariens américains. Mais bien entendu, j’ai aussi vu les revers de l’«american way of life»: l’obsession de l’intérêt calculable, la société de marché, la culture conçue comme marchandise ou comme «entertainment», la conception technomorphe de l’existence, les rapports hypocrites entre les sexes, la civilisation automobile et commerciale (il y a plus de véritable socialité sur le moindre marché africain que dans n’importe quel supermarché californien!), les enfants obèses élevés par la télévision, l’apologie des «winners» et la fuite en avant dans la consommation, l’absence si fréquente de vie intérieure, la restauration rapide, l’optimisme technicien (il faut être «positif», tout finira par s’arranger, puisqu’il y a une solution «technique» à tout), le mélange d’interdits puritains et de transgressions hystériques, d’hypocrisie et de corruption, etc. […] 

Loin de professer la moindre américanophobie, c’est plutôt l’europhobie des Américains et, au-delà, leur attitude vis-à-vis du «reste du monde» que je mettrai en cause. Les Pères fondateurs, lorsqu’ils sont venus s’installer en Amérique, ont d’abord voulu rompre avec une culture politique européenne qui leur était devenue étrangère et insupportable. Empreints de culture biblique tout autant que de philosophie des Lumières, souvent marqués par le puritanisme, ils voulurent créer outre-Atlantique une nouvelle Terre promise, une «cité sur la colline» (a city upon a hill), qui se tiendrait à distance de la vieille Europe, mais deviendrait en même temps le modèle d’une civilisation universelle d’un type jamais vu. Toute leur politique étrangère vient de là. Depuis les origines, elle n’a cessé d’osciller entre l’isolationnisme qui permet de se tenir à l’écart d’un monde corrompu et la mise en œuvre sans états d’âme d’une «destinée manifeste» (Manifest Destiny) assignant aux Américains la mission d’exporter dans le monde entier leur mode de vie et leurs principes. Américaniser le monde, pour beaucoup d’Américains, c’est du même coup le rendre compréhensible !

Alain de Benoist, Mémoire vive, en vente sur Krisis Diffusion
Pour lire l'article en intégralité, cliquez ici


Pour poursuivre la réflexion :
Comment analyser le modèle américain? Emission avec Alain de Benoist, Thibault Isabel, Olivier Dard et Jean-Philippe Immarigeon autour de Krisis 43 : Amérique ?



Quand L'Amérique était belle, revue Eléments N°116
Editorial :
- L'Amérique qu'on aime (Robert de Herte)

Dossier :
- Quand l'Amérique était belle (Paul Masquelier)
- La culture de gauche légitime le capitalisme (Entretien avec Costanzo Preve)
- Max Weber et le désenchantement du monde (Eric Werner)
- Du cerveau à la conscience (François Delussis)
- Le De Gaulle de Dominique Venner (Alain de Benoist)
- Le rêve impérial de Jean-Claude Albert-Weil (François Bousquet, Olivier François)
- Les condors de Montfaucon d'Alexandre Mathis (André Murcie)
- Peter Watkins (Ludovic Maubreuil)


5.50 euros

Posts les plus consultés de ce blog

Les idées à l’endroit – Transhumanisme : l’homme du futur sera-t-il augmenté?

Le mathématicien et philosophe Olivier Rey, l’historien Olivier Dard et l’animatrice de l’Association française contre l’intelligence artificielle, Marie David, débattent du transhumanisme. Est-ce que l’homme du futur sera un homme augmenté, capable de voir la nuit, de transférer son cerveau dans une machine ? Est-ce que les progrès de la technologie parviendront à la suppression des maladies, des handicaps, du vieillissement ou même de la mort ? C’est à toutes ces questions qu’ils tenteront de répondre ici.

Pour écouter ou télécharger le fichier audio via Ekouter.net:

0:00:00 1:06:38

Les traditions indo-européennes, Jean Haudry

Jean Haudry in 'Les indo-européens', réédité par les éditions de la Forêt.
Visuel : Institut Clisthène

Pour compléter la réflexion:
Les Indo-Européens




Nouvelle Ecole N°49 en vente sur revue-elements.com




- Indo-Européens : à la recherche du foyer d’origine (Alain de Benoist)
- Indo-Européens », « Indogermains », « Aryens » (encadré)
- Les « momies » européennes du Sinkiang (encadré)
- Chronologie bibliographique des études indo-européennes depuis 1930 (encadré)
- Quatre remarques finales ; Bibliographie Dumézil (Alain de Benoist)
- L’habitat originel des Indo-Européens au regard de la linguistique (Jean-Haudry)
- Les Indo-Européens et le Grand Nord (Jean Haudry)
- Chronologie de la tradition indo-européenne (Jean Haudry)
- Indo-européens et « mentalité indo-européenne » (Jean Haudry)


20.00 euros

La place de l'homme dans la nature, Alain de Benoist

Extrait : En 1755, dans son Traité des animaux, Condillac écrivait: «Il serait peu curieux de savoir ce que sont les bêtes, si ce n'était pas un moyen de savoir ce que nous sommes». Depuis l'Antiquité, le regard porté par l'homme sur le vivant nourrit une interrogation qui, au fil des siècles, depuis Aristote jusqu'à Descartes, puis jusqu'à nos jours, a suscité une multitude de débats philosophiques, scientifiques, idéologiques et religieux. 
A date récente, le développement de la recherche a conduit à se demander si les animaux ne sont pas des personnes. Il s'agit en fin de compte de savoir quelle est la place de l'homme dans la nature. Konrad Lorenz disait que ceux qui refusent d'admettre que l'homme est un animal ont tort, mais que ceux pour qui il n'est rien d'autre qu'un animal ont tort également. 
Entre les hommes et les animaux, y a-t-il une différence de nature ou une différence de degré? Par rapport aux sociétés animales, quell…