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Charles Maurras par Alain de Benoist

Bulletin Charles Maurras

«On est frappé, écrit Alain de Benoist, de l’extraordinaire quantité de phénomènes dont Maurras a été le témoin, mais sur lesquels il est resté muet (ou aveugle). Alors qu’il a passé un temps extraordinaire à commenter au jour le jour la politique politicienne, Maurras a été incapable d’analyser le mouvement de la modernité, d’étudier la montée de la bourgeoisie, d’énoncer la moindre considération théorique sur la philosophie du droit, le paradigme de l’échange, l’essor de la technique, les conditions du changement social. Il n’y a pas non plus dans son œuvre d’analyse du fordisme, du taylorisme, de l’américanisme. (…) Rarement un théoricien politique aura été aussi peu analyste des doctrines et des tendances profondes de son temps. Parmi les grands auteurs, Maurras ne s’intéresse guère qu’au domaine littéraire. Dans le domaine politico-idéologique, son univers reste essentiellement celui du XIXe siècle. (…) Maurras réagit en écrivain, en artiste, en poète. (…) C’est peut-être ce qui explique qu’il n’y ait jamais eu chez lui de véritable profondeur conceptuelle, tandis qu’il exerça une séduction durable sur des hommes que des écrits purement théoriques auraient ennuyés».
Mais Alain de Benoist tempère, bien évidemment, son jugement en rappelant qu’il faut périodiser l’œuvre de Maurras. L’âge d’or du maurrassisme «a correspondu à cette période où le jeune Maurras, fédéraliste et antichrétien, rêvait d’«helléniser le monde» et se disait persuadé qu’«un socialisme, libéré de l’élément démocratique et cosmopolite, peut aller au nationalisme comme un gant bien fait à une belle main». Alain de Benoist conclut son propos en appelant de ses vœux une reprise des études maurrassiennes dans l’esprit de ce qu’avait entrepris Victor Nguyen (auteur du livre Les origines de l’Action française) et en faisant part de son admiration «pour ce vieux lutteur qui a consacré toute sa vie à ses idées, et qui a su les servir avec autant de courage, de passion et de désintéressement».

En itégralité ici 

Source: GRECE

Pour commander Nouvelle Ecole 66 sur Charles Maurras ou s'abonner à la revue sur Krisis Diffusion

Nouvelle Ecole n° 66 Charles Maurras sur Métapo Infos :

Nous vous signalons la parution du nouveau numéro de la revue Nouvelle Ecole (n°66, année 2017), dirigée par Alain de Benoist, avec un dossier consacré à Charles Maurras. La revue est disponible sur le site de la revue Éléments ainsi que sur celui de la revue Krisis. Les parisiens pourront également la trouver à la Librairie Facta. 

Nouvelle Ecole 66.jpg
Nouvelle Ecole n°66 Charles Maurras - Année 2017
Au sommaire :
Un portrait de Charles Maurras (Olivier Dard)
Le jeune Maurras, félibre et fédéraliste (Rémi Soulié)
Maurras et l’abbé Penon (Axel Tisserand)
Heidegger et Maurras à Athènes (Baptiste Rappin)
La République, la bourgeoisie et la question ouvrière (Charles Maurras)
Kiel et Tanger ou la géopolitique maurrassienne (Martin Motte)
Entretien avec Gérard Leclerc
Maurras et le romantisme (Alain de Benoist)
Charles Maurras et le positivisme d’Auguste Comte (Francis Moury)
Maurras en Amérique latine (Michel Lhomme)
Antigone (Charles Maurras)
Pierre Boutang ex cathedra (Francis Moury)
Bibliographie maurrassienne : 2004-2016 (Alain de Benoist)
Et aussi :
Le slavophilisme, une utopie conservatrice russe (Vassily Leskov)
Siva et Dionysos (Jean Haudry)
Dépendance des États et globalisation (Teodoro Klitsche de la Grange)
Pour approfondir la réflexion :

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Nouvelle Ecole n°67 Pierre-Joseph Proudhon

Maurras, qui ne l’aimait guère, le qualifiait de «rustre héroïque», Edouard Berth voyait en lui «un des plus grands moralistes que la France ait produits», Bakounine et Courbet furent ses amis. Sainte-Beuve le considérait comme le plus grand prosateur de son temps. Jacques Julliard affirme aujourd’hui qu’il fut «plus grand que Marx, parce que son anthropologie est fondée sur la réciprocité» On a beaucoup glosé sur ses «contradictions», dont on a exagéré l’importance. Proudhon a certes évolué au cours de sa vie, comme tout un chacun, mais les lignes de force apparaissent rapidement. Proudhon est un philosophe de la liberté. Il ne la conçoit pas de façon abstraite, ni comme prétexte à vouloir n’importe quoi, mais comme émancipation vis-à-vis des contraintes politiques et sociales. Qu’il se réclame de l’anarchisme, du mutuellisme ou du fédéralisme, qu’il critique la «propriété» ou fasse l’éloge de la «possession» c’est au fond toujours d’autonomie qu’il veut parler. Il s’agit pour lui d…

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